Ce
professeur de mathématiques à l'Université de Toulouse III était
persuadé que pour rester « crédibles », les professeurs
se sentaient « obligés » de mettre un certain
pourcentage de « mauvaises » notes aux évaluations de
leurs élèves pour que la répartition de ces notes suive une courbe
centrée sur la moyenne. Cette répartition a reçu le nom de
« constante macabre » par A. Antibi car elle induirait
souffrance et découragement de la part des élèves « mal
notés ». Ce concept élaboré au début des années 2000 a
fait florès dans l'administration de l'éducation nationale qui
trouvait là matière à augmenter à bon compte les taux de réussite
aux examens. Avec le succès que l'on connaît.
Comment
un professeur tel que A. Antibi a-t-il pu penser que chaque
correcteur a le temps d'effectuer systématiquement de savants
calculs sur chaque paquet de copies pour répartir les notes autour
de la moyenne et donc mettre des « mauvaises » notes en
bonne conscience ? C'est prêter du machiavélisme et du temps à
perdre à toute une profession qui ne fait qu'évaluer la qualité
d'un travail d'élève et non pas l'élève lui-même. C'est plutôt
l'inverse qu'on observe, augmenter les notes trop basses d'un devoir
peu réussi par les élèves. Des collègues proposent souvent un
devoir de rattrapage quand ce ne sont pas les élèves eux-mêmes qui
le demandent.
La
« mauvaise » note sur une copie n'est évidemment pas une
sanction mais une alerte sur un manque de travail de son rédacteur.
Les commentaires du professeur sont évidemment plus importants que
la note affichée en tête de page, même si beaucoup d'élèves ne
regardent qu'elle.
Que
proposait le professeur Antibi pour en finir avec sa « constante » ?
Une « évaluation par contrat de confiance » :
programme de révision explicite (mais quel professeur ne le fait pas
déjà?) et un exposé des questions posées à l'évaluation.
L'expérience montre que les élèves se démobilisent lorsqu'on
prépare trop le travail en amont d'une évaluation. Si des élèves
sont encore soucieux de leurs notes, d'autres en sont très détachés
et ont compris que leur passage de classe en classe s'effectue
indépendamment de leurs résultats scolaires. Lors de la remise des
copies dans une classe, il n'est pas rare de voir certains élèves
se vanter ouvertement de leurs mauvaises notes auprès de leurs
camarades. De macabre, la constante est devenue joyeuse.
PS :
A. Antibi n'avait pas de page Wikipédia qui lui était consacrée.
En revanche, il en existe une sur sa création :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Constante_macabre
Et sa
critique :
https://www.sauv.net/antibi.php